Que peut on faire avec des clichés?

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J’aurai aimé inaugurer cette chronique cinéma par une critique sympathique pleine d’entrain et de joie, mais voilà, les aléas de la vie en ont décidé autrement. Il a fallu que votre serviteur se décide à aller voir Oblivion de J. Kosinski. Et si vous avez lu entre ces premières lignes, l’expérience a été douloureuse… Très douloureuse même.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été emballé, loin de là, par la dernière oeuvre avec Tom Cruise. Et pourtant, je suis plutôt bon public quand on ne me prend pas pour une truffe. Je ne sais pas ce que le réalisateur et les scénaristes ont voulu faire, mais à mon avis, ils se sont complètement plantés. Je vous préviens,cette chronique contient quelques spoilers. A vous de lire la suite, à vos risques et périls. Pour résumer, le film est une accumulation de clichés tirés de film de science-fiction (jusque dans certaines images…).

Le pitch : Il y  a 60 ans, une race extra-terrestre appelée les chacals ont envahi la Terre. Comme nous somme pas super contents, nous nous sommes défendus et nous avons gagné, mais à quel prix… La Terre est inhabitable. Nous l’avons abandonné pour Titan. Mais comme nous avons encore besoin d’un certain nombre de ressources (comme l’eau), d’énormes usines sont chargées de les extraire pour nous les fournir. Ces usines sont surveillées et défendues par des drones armés jusqu’au « dents » (qu’ils n’ont pas). Mais ces drones peuvent aussi connaitre quelques défaillances et, dans ces cas, des humains sont chargés de les réparer. Nous suivons donc la vie des réparateurs de la tour 49, Jack Harper (joué par Tom Cruise) et Victoria (incarnée par Andrea Riseborough). Mais Jack semble avoir des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Et si on lui avait menti?

Alors il existe deux manières de faire un film en utilisant les poncifs d’un genre, et je suis désolé de faire cette blague, la bonne et la mauvaise manière. La bonne manière est de prendre les clichés, de les détourner et de les réutiliser afin de servir l’histoire ou l’humour du film. Les deux meilleurs exemples qui me viennent à l’esprit sont La Cabane dans les bois ou Tucker & Dale fightent le mal où les codes des films d’horreur et du slasher sont détournés à des fins humoristiques et rendent ces deux films fort sympathiques.

Dans Oblivion, les scénaristes se sont « amusés » à prendre les idées d’autres films de science-fiction et les ont réimplantées dans leur film comme dans un gigantesque fourre-tout. Le héros avec une mémoire effacée mais qui se souvient de certaines choses : check, New York détruite avec le plan de la statue de la liberté (enfin la torche) qui sort de terre : check, l’invasion extra-terrestre : check, les robots tueurs : check, la résistance humaine terrée contre l’agresseur : check… Bref, on ne nous épargne presque rien pendant 2 heures. Et ne parlons pas des incohérences. Alors est-ce à cause du scénario indigent que je fus plus regardant? Je ne sais pas. Comme dit plus haut, je suis bon public. Pour vous dire, j’ai apprécié Fast Five, et là au niveau incohérences, on n’est pas loin du top niveau (deux voitures qui tirent un coffre fort dans les rues de Rio!). Mais ça m’a moins choqué qu’ici. Entre la combinaison la plus résistante de l’univers  de T. Cruise, la lune qui malgré sa destruction ne s’écroule pas, les immeubles qui restent bien droit pour former des canyons, les drones capables de suivre une trace d’ADN dans le sol mais incapable de trouver un vaisseau qui se cache. Et ce n’est là qu’une petite liste de choses qui me viennent à l’esprit.

Faut-il pour autant tout jeter dans Oblivion? Non, fort heureusement. On ne peut que s’émerveiller devant l’esthétique générale du film. Les images sont léchées, les différents environnements sont magnifiques à souhait (le canyon de building dont je parlais plus haut est d’une beauté à couper le souffle). Josef  Kosinski nous avait déjà montré son talent dans Tron Legacy. Nous ne sommes donc pas dépaysés. Mais comme pour un jeu vidéo, vous pouvez avoir les plus beaux graphismes qui soit, si le scénario ne suit pas vous n’obtiendrez qu’une jolie coquille vide.

Bref,  vous n’avez que peu de connaissances en SF, vous êtes un fan inconditionnel de T. Cruise et des jolies images, Oblivion est fait pour vous. Si maintenant comme moi, la SF vous la pratiquez depuis le plus jeune age et pour vous surprendre il vous en faut un peu plus, il serait de bon ton d’oubier Oblivion.

Pour vous, la bande annonce du film :

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